L'EUROPE
Le moyen-âge: les costumes de la cour
À la cour de France, comme dans les autres cours, les habits des femmes riches devinrent de plus en plus resplendissants et somptueux pendant le moyen-âge. L'accent était mis en particulier sur les coiffures extravagantes qui avaient subi l'influence de la mode du Moyen Orient, ramenée par les Croisés. D'après l'historien JUVÉNAL DES URSINS, ces coiffures devinrent tellement larges que "lorsqu'elles désiraient aller d'une pièce à l'autre, les dames étaient obligées de tourner la tête de côté pour pouvoir passer les portes
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Pour qu'une mode dure, il faut qu'il y ait à cela une cause; or ces hennins qui commencent à paraître en 1395, persistent jusqu'en 1470; jamais peut-être coiffure n'eut un si long rêgne. Ce n'était certainement pas sa commodité qui la fit conserver. Elle ne pouvait abriter ni du vent, ni de la pluie, ni du soleil; et cependant il est certain qu'on la portait dehors, dans les rues et les promenades, plus encore que dans les intérieurs des appartements. Elle devait fatiguer la tête; si légers que fussent ces longs voiles, ils pesaient sur le cornet attaché aux cheveux. Cependant les femmes abandonnèrent difficilement cette coiffure, et c'est une des seules qui persistèrent, avec quelques variantes, dans une des provinces françaises, jusqu'à notre temps. Prétendre que sa durée est due à son extravagance, c'est un des jugements contre les modes qu'on répète souvent, mais qui n'est qu'une boutade. Un usage peut durer, bien qu'il soit absurde, mais non pas parce qu'il est absurde. Nous pensons que la véritable raison du long succès des Hennins, c'est qu'ils donnaient au cou une gâce singulière. Or, c'est par ces avantages que les femmes du Nord de la France se font remarquer. L'absence des cheveux mêmes donnaient, à la peau du visage, du cou et de la poitrine entourés de ces longs voiles diaphanes, un éclat transparent qui devait être assez piquant. Aussi les prédicateurs ne cessèrent-ils de tonner en chaire contre ces affiquets inventés pour la perdition des âmes, et ils eurent tout loisir de tonner. Mais, par cela même que ce genre de coiffure était particulièrement avantageux aux teints purs, aux peaux délicates, il devait faire d'autant mieux ressortir les rides et tous les ravages apportés par l'âge; aussi les femmes ne se firent pas faute alors de se farder.
Voici ci-dessous une des coiffures portée par une de mes poupées mannequins: Isabeau de Bavière, qui, en 1385, devint la femme du roi de France, Charles VI. Cette jeune beauté fit sensation lors de ses débuts en société à l'âge de 14 ans.
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